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Texte des voeux de notre évêque

Mardi, 22 janvier 2019

VŒUX DE L’ÉVÊQUE 2019

Guidés par la Parole, ayons l’audace missionnaire


Bonjour à tous et à toutes… Bonne Année !

Quels sont les plus beaux souhaits que je pourrais vous adresser, à vous, qui pour plusieurs, êtes engagés dans notre Église et qui l’animez de votre amour, de votre foi et de votre ardeur? Quelles sont les plus beaux souhaits que je pourrais offrir à ceux et celles qui s’interrogent ou qui ont pris une distance avec l’Église ou encore sont profondément déçus ou blessés par cette même Église ?

Mon premier souhait, c’est de vous vouloir heureux et heureuses tout au long de l’année 2019 et toutes les années qui vont suivre. C’est le souhait de toute personne qui aime. C’est aussi celui de votre évêque qui aime le Christ, qui vous aime, qui aime son Église, qui aime la région et ses gens. Ce bonheur souhaité et désiré se veut concret. Que vous soyez heureux et heureuses dans vos vies de chaque jour, dans vos familles, entourés de ceux et celles que vous aimez. Que vous soyez heureux et heureuses dans vos engagements, au travail, dans les loisirs, en Église ou dans les différents services que vous rendez à la société.

L’évangile proclamé, il y a quelques instants, nous rappelait qu’à la suite des disciples, en raison de notre attachement à Jésus-Christ, nous sommes aujourd’hui pour notre monde « le sel de la terre » et « la lumière du monde ». C’est un appel important et une mission qui nous est confiée par le Seigneur lui-même et que nous sommes appelés à honorer. Il y a là tout un défi… possible à relever avec l’aide du Christ.

L’année 2018 a connu de bons moments pour notre Église et pour notre région. Elle a aussi été une année des plus difficiles pour l’Église catholique universelle. Et nous savons tous pourquoi. Ici même au diocèse, pour des raisons semblables, nous vivons des temps incertains. Nous faisons souvent les manchettes, mais pas pour les bonnes raisons. Comment nous situer, personnellement et comme baptisés engagés dans cette Église, face aux nombreux scandales qui viennent d’un peu partout dans le monde ?

La lettre du pape François sur les abus sexuels, publiée le 20 août dernier, à la suite de la divulgation de nombreux cas aux États-Unis, est, selon le théologien Jacques Gauthier (2018 : 183) (1) , un véritable cri du cœur où le pape exprime sa douleur et sa honte. Il va très loin dans sa dénonciation des abus au sein de l’Église, commis surtout il y a quelques décennies. L’objectif est de mobiliser le peuple de Dieu pour mettre fin à une culture du silence et du secret, appelant chacun et chacune à dénoncer tout abus. […] François fait son mea culpa au nom de toute l’Église. […] Nous ressentons de la honte lorsque nous constatons que notre style de vie a démenti et dément ce que notre voix proclame. Il propose plusieurs attitudes à adopter : compatir à la douleur des victimes, nous engager à la protection des plus vulnérables, demander pardon, agir de manière communautaire et globale, collaborer à la transformation personnelle et ecclésiale, nous convertir par la prière pour mieux vaincre l’appétit de domination et de possession.

Comme membres de cette Église, nous souffrons tous et toutes de ce moment difficile. Mais se pourrait-il que le Seigneur soit en train de nous interpeler fortement comme Église et qu’il soit en train de nous amener « ailleurs » dans notre marche à sa suite ?

Guidés par la Parole, ayons l’audace missionnaire !
Voilà le thème retenu pour cette activité des vœux. Ce thème est aussi étroitement lié aux efforts pastoraux que nous déployons pour être cette « Église en sortie ». Une Église « qui ne peut plus faire les choses comme avant », comme nous y invite le pape François dans l’Exhortation apostolique La joie de l’Évangile. Ici même au diocèse, nous déployons beaucoup d’énergie pour que notre Église soit celle de Jésus-Christ. Notre projet pastoral nous invite à « Allez vers… » Nos efforts de restructuration que sont les Unités pastorales, ainsi que le leadership d’accompagnement que nous mettons de l’avant, ont pour objectif de mieux servir le peuple de Dieu. La prise en charge des milieux avec les équipes d’animation locale veut nous assurer que l’Évangile soit annoncé dans tous les milieux et que l’Église soit présente, vivante et au service. Le projet catéchétique vise la formation des enfants et des jeunes adultes à la vie chrétienne. Voilà autant de manifestations pour nous assurer que notre Église soit vraiment aujourd’hui au service de l’annonce de l’Évangile.

Devant les efforts déployés et le peu de succès, est-ce la fin de l’Église ? Non et j’en suis convaincu. Notre manière d’être Église doit constamment s’ajuster aux nouvelles conditions historiques, sociales, démographiques afin de nous assurer que l’annonce de l’Évangile soit adaptée à chaque génération. Le modèle ecclésial change, mais c’est toujours la même Église, celle du Christ. Nous sommes dans cet effort depuis déjà fort longtemps. Cependant, il y a des conditions pour que nos projets pastoraux et nos visions d’Église soient porteurs des fruits espérés.

Ces dernières semaines, en relisant et en méditant de longs extraits des Évangiles et des Actes des apôtres, j’ai pu saisir encore davantage de l’intérieur que, dans les situations de mort, de péché qui affectaient l’Église naissante et des premiers siècles, seulement un retour à Jésus-Christ et à la Parole de Dieu pouvait donner un nouvel élan à celle-ci et la resituer dans sa véritable mission. Les Écritures nous sont données pour éclairer notre marche et nos engagements. Il est impossible d’être une Église vivante, engagée, fidèle à Jésus sans cette fréquentation, personnelle et communautaire, de la Parole pour y trouver les lumières dont nous avons tant besoin. Sommes-nous en recherche constante de la volonté de Dieu ? Face aux décisions pastorales importantes, sommes-nous disposés à discerner ce que le Seigneur souhaite pour notre Église ? Peut-être qu’à l’exemple de Pierre et des disciples, avons-nous pêché trop longtemps de nuit, comptant trop sur nos propres efforts, sur nos plans bien intentionnés, sans écouter le Seigneur qui nous invitait à lancer le filet à droite ? Il serait bon relire et de méditer Jean 21, 1-14. 

Notre Église a plus de deux mille ans d’histoire avec de belles réalisations, mais aussi aux prises avec le mal qui s’introduit malicieusement et qui veut détourner la mission de l’Église. Ne pactisons jamais avec le mal… Nous en connaissons douloureusement les conséquences aujourd’hui. Cependant, je vous en prie, ne rêvons pas d’une Église parfaite, sans histoire et sans péché. L’Église n’est pas un rassemblement sectaire d’hommes et de femmes sans défaut, mais une assemblée de fidèles que le Christ invite à la conversion et à marcher à sa suite. Dans les temps difficiles que l’Église a rencontrés au cours des siècles, les plus grands réformateurs ont été des amoureux et des amoureuses du Christ, de l’Église et des Écritures y cherchant les lumières pour aller de l’avant. Mentionnons François d’Assise, Catherine de Sienne, Jean XXIII et pourquoi pas le pape François

Mon souhait le plus cher
En ce moment de notre histoire comme Église diocésaine, je souhaite que nous goutions la joie d’être « ensemble » Église de Jésus-Christ. Guidés par la Parole, retrouvons et ayons cette audace missionnaire qui nous fera nous approcher de nos sœurs et nos frères pour partager notre foi et notre espérance. Les temps sont difficiles. L’heure n’est pas à la division, à nous éloigner les uns des autres mais bien à répondre à l’appel de Jésus, qui nous invite à être « ses disciples » aujourd’hui pour notre monde. Soyons « sel de la terre » et « lumière du monde ».

Vous trouvez sans doute que le message que je viens de vous partager est peu festif en ce début d’année. Les circonstances actuelles nous obligent à assumer ce moment difficile de notre Église. Aidons-nous les uns les autres à avancer avec confiance, nous appuyant sur Celui nous rassemble, Jésus-Christ et sur sa Parole. Allons de l’avant ! Il y a encore du présent qui est beau et de l’avenir qui s’annonce plein d’espérance.

Que Jésus et la Vierge vous accompagnent tout au long de cette Nouvelle Année ! Je demande au Père, Fils et Esprit de vous bénir et de faire route avec vous. Bonne année à vous et à vos proches ! Bonne année aux communautés chrétiennes et aux mouvements !

Votre évêque † René           
Janvier 2019

(1) Jacques Gauthier, Prions en Église, Novalis : Montréal, Janvier 2019, p. 183.