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Voeux de l'Évêque pour l'année 2017

Mardi, 24 janvier 2017

Vivre en harmonie


Je vous avoue que c’est avec un certain pincement de cœur que j’ai entrepris l’année 2017. Dans mon calendrier personnel de vie, 2017 sera l’année de ma retraite comme évêque en charge du diocèse de Chicoutimi, qui est au Lac St-Jean et au Saguenay.

Soyez sans crainte : un évêque, comme un prêtre ou un diacre permanent, ça ne prend normalement pas de retraite. Le sacrement de l’Ordre imprime en nous un caractère indélébile qui nous lie au Christ jusqu’à notre dernier souffle. Évidemment, en raison de l’âge ou de l’état de santé, on peut être déchargé de nos responsabilités et, comme on dit, «slaquer la poulie». Mais on demeure toujours en état de service.

Quand on regarde partout dans les communautés paroissiales de notre diocèse, dans chaque coin du Lac ou du Saguenay il y a des prêtres âgés qui assurent, aux équipes pastorales de votre Unité, une présence et un soutien, en particulier pour que l’Eucharistie, si essentielle, vous soit offerte le plus souvent possible. Dans mon cas, après la fin d’avril, et quand l’heure de la retraite aura sonnée, (il appartiendra au pape François d’en donner le signal), je veux suivre leur exemple et continuer à vous servir avec eux, là où mon successeur le souhaitera.

Quand je pense aux vœux que je souhaite vous offrir pour 2017,
il y a un mot qui me revient sans cesse : HARMONIE.


Harmonie dans nos relations entre nous. Il me semble que ça découle tout naturellement de l’image que Dieu se fait du lien qu’il veut entretenir avec nous. Il vient de mettre dans la bouche de Jésus : Vous êtes mes amis… Je vous appelle amis… Dieu nous considère comme ses amis : ça nous dit quelle place précieuse nous tenons dans son cœur. On le sait : dans nos relations, il n’y a rien de plus précieux que l’amitié. Il y a toutes sortes de relations qui existent entre nous : des relations de voisinage, des relations de travail, des relations d’autorité, etc… Mais nos relations d’amitié, c’est ce qui est le summum dans nos relations. Et c’est tellement important pour Dieu qu’il souhaite que nos relations entre nous prennent la couleur de la relation qui existe entre lui et nous, entre nous et lui. Ce que Jésus nous demande, c’est de (nous) aimer les uns les autres.

On le sait, il n’est pas possible d’être ami avec tout le monde. L’amitié véritable avec tout ce que ça suppose de proximité, de mutualité, de réciprocité, d’aptitudes au don et au pardon, ne peut se vivre avec plusieurs personnes mais seulement avec quelques unes. Cela ne veut pas dire cependant qu’on ne peut pas s’y approcher dans nos relations à l’intérieur d’une paroisse. D’ailleurs, il faut bien l’admettre un groupe de paroissiens et de paroissiennes ne peuvent prétendre porter le nom de « communauté chrétienne » s’il y a plein de chicanes, de mesquineries entre eux. Autrement dit, s’il n’y a pas d’harmonie entre eux.

Et je reviens au mot « harmonie ». Qu’est-ce que je veux dire par là ? Pour vous le dire, je vais vous parler de ma longue carrière musicale. Elle a duré le temps d’une parade de la St-Jean-Baptiste quand j’étais étudiant au collège. Il y avait une fanfare qu’on appelait l’Harmonie du Collège de l’Assomption. Elle comprenait des trompettes, saxophones, flûtes, clairons, tambours. Comme leader, il y avait un tambour major qui donnait le pas. Et devant tout ce beau monde : portant fièrement les couleurs du collège, de la province de Québec et du Vatican, il y avait les porte-drapeaux. C’était vraiment une bonne Harmonie. Elle avait une bonne réputation, parce que les instruments, produisant pourtant des sons très différents arrivaient à s’harmoniser les uns avec les autres. Chaque instrumentiste avait sa part à apporter et le son particulier de son instrument se fondait avec celui des autres joueurs. L’Harmonie portait bien son nom.

Ce jour-là, il manquait un porte-drapeau… Comme je ne connaissais rien à la musique et, encore moins capable de jouer d’un instrument, on m’a choisi pour porter un des drapeaux. Ce fut le début et la fin de ma carrière musicale ! Il paraît que j’étais le seul à avoir le pas… On ne m’a jamais redemandé !

J’ai compris, deux choses : d’abord, pour collaborer à l’harmonie d’un ensemble et construire un projet harmonieux, il ne faut pas être le seul à avoir le pas; ensuite, pour participer à un projet commun, il faut apporter les talents qu’on a et ne pas attendre d’avoir l’assurance qu’on a tous les talents. Le clairon n’est pas le tambour, mais en cherchant à s’harmoniser avec les autres, il contribue au bien de l’ensemble.

Je fais le vœu qu’à travers l’ensemble du diocèse, par nos relations harmonieuses entre paroissiens et paroissiennes, entre instances diocésaines et locales, entre membres des équipes pastorales et entre membres des équipes locales d’animation, on progresse dans le projet de devenir une Église plus missionnaire, plus engagée à devenir disciple du Christ.

Avec la santé, Bonne, Heureuse et Sainte Année 2017.

André Rivest
Évêque du diocèse de Chicoutimi

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