Éditorial - En Église XXXIII - 6 février 2006
Que souhaiter en ce début d'année ?
NDRL: Voici le texte des vœux présentés par l’Évêque lors des trois soirées qui se sont déroulées en début d’année à l’intention de la population diocésaine.
Pour le monde
Notre monde a besoin de pain. Il a besoin de l’essentiel pour vivre. Voilà mon premier voeu pour ceux et celles qui, ailleurs dans le monde ou ici dans notre région, manquent du nécessaire vital. Je souhaite du pain et une distribution équitable des biens; je souhaite aussi des gens qui se préoccupent effectivement d’en procurer aux démunis du monde... J’en profite pour féliciter et remercier la Saint-Vincent-de-Paul, les Soupes populaires et tous les autres organismes de partage de notre milieu.
Notre monde a aussi besoin de paix: la paix entre les peuples, la paix entre les compatriotes d’un même pays, la paix entre les religions, la paix entre les gangs de rue de nos grandes métropoles, la paix entre les membres d’une même famille, la paix dans le coeur de chaque individu, là où se trouve le siège de toute paix véritable.
La paix est une aspiration profonde de toute personne; elle est une condition essentielle à la communion, au bonheur individuel et collectif.
Notre monde du Saguenay-Lac-Saint-Jean a besoin d’espoir. On rapporte que la situation de l’emploi s’est quelque peu améliorée. Cependant, à chaque jour les médias nous montrent que c’est très fragile. Il faut être conscient que, comme dit Félix Leclerc, “la meilleure façon de faire mourir quelqu’un c’est de le priver de travail...” Il y a aussi l’exode des jeunes qui continue à appauvrir notre région. Heureusement, on s’en préoccupe de plus en plus et des efforts sérieux sont faits pour contrer l’hémorragie. Mais je veux tout de même souhaiter de l’espoir à ceux et celles qui en manquent.
Pour l’Église
On dit souvent que notre vie sur terre est comme une route à parcourir. En tant qu’individus et Église, nous sommes continuellement en marche sur la route de la vie à la recherche du Dieu vivant. En fait, Dieu se laisse toujours trouver par ceux et celles qui le cherchent avec sincérité et persévérance. On le découvre au-dessus de nous: quand on cherche un sens à la vie, on le trouve en regardant vers le ciel. On le découvre autour de nous: il est là dans la rencontre des autres, dans la communion avec eux. On le découvre au-dedans de nous: il nous est présent dans l’intimité de la prière.
Sur la route qui nous conduit au coeur du monde, près de nos frères et soeurs en humanité, nous avons de plus en plus la conviction d’être des missionnaires. Dans nos bagages, nous sommes porteurs du Christ aux gens de notre société. Par notre témoignage individuel et communautaire, par notre implication dans notre milieu, nous nous faisons solidaires et nous nous engageons à permettre à l’Évangile de se réaliser concrètement. L’incarnation du Fils de Dieu dans notre monde nous interpelle à l’aimer à la manière de Dieu, c’est-à-dire tel qu’il est avec ses pauvretés et ses richesses. C’est un monde que Dieu habite pour en faire un monde meilleur.
J’émets donc le voeu pour notre Église qu’elle sache puiser avec confiance ses motivations à la solidarité et à l’engagement dans l’Évangile du Christ Jésus pour qu’elle soit présente au monde à sa manière.
Je souhaite de façon particulière à nos nombreux bénévoles, aux agentes et agents de pastorale laïcs, aux diacres permanents, aux personnes de vie consacrée et aux prêtres de remplir leur mission dans la joie, malgré la lourdeur de la tâche et la complexité des défis à relever.
Pour les personnes âgées
Quand on porte notre regard sur Jésus, on prend vite conscience de quel amour Dieu nous aime personnellement. On se rappelle: “Tu as du prix à mes yeux et je t’aime...”
Même si le vieillissement et la maladie qui l’accompagne trop souvent font goûter l’amertume de la souffrance physique et de la solitude, il est possible de ne pas se laisser écraser: on peut rester debout... peut-être pas physiquement, mais spirituellement, à cause de Jésus. Il y a beaucoup de personnes âgées, dans leur maison ou dans les résidences conçues pour elles, qui sont une inspiration pour les jeunes et qui, par leur courage et leur foi, prouvent que la vie vaut la peine d’être vécue et d’être offerte pour les autres.
Chères personnes âgées, qui pourriez être mon frère, ma sœur ou mes parents, notre société et notre Église ont besoin de vous, de votre présence, de votre courage, de votre foi, de votre prière. Vous possédez encore la plus grande richesse: votre amour pour nous, notre Église et notre monde. Continuez à aimer, sans vous replier sur vous-mêmes.
Je vous souhaite pour l’année 2006, la santé nécessaire pour pouvoir demeurer avec nous, aussi longtemps que Dieu le voudra et que votre mission ne sera pas terminée. Je vous souhaite une bonne, heureuse, sainte année et ... le paradis avant et à la fin de vos jours !
+ André Rivest
Évêque de Chicoutimi